Intégral dans ma peau


Ainsi les enfants apprennent-ils que les règles du monde ne sont pas celles de leurs envies, les adultes sont-ils châtiés d'avoir troqué leurs promesses de bonheur contre la tristesse fade d'une autorité parentale plus proche de la volonté malsaine de contrôle d'autrui que d'un souci d'éducation, d'accompagnement. Pourtant, d'éducation, d'accompagnement, il en est question dans cette pièce ; mais l'adolescence est souveraine dans sa fragilité ; elle fonctionne comme un révélateur de l'inanité des demi-mesures, des projets mous et creux. Intégral dans ma peau parle de mue. De quête d'absolu. De peur de se perdre. De rébellion. Et d'enfance. De la pureté de l'enfance.

Extrait de Presse

Etrange texte, dense, touffu, fantastique et cruel. Un texte qui dérange. Stéphanie Marchais met en jeu une galerie de monstres, mais elle arrive par un travail sur la langue et par certains monologues ou soliloques stupéfiants à approcher une poésie de ces grands désordres humains.
Laurence Cazaux, Le Matricule des anges.

Spectacles

︎︎︎Dans la peau du monstre, mise en scène de Christian Taponard et Cécile Auxire-Marmouget
︎︎︎Intégral dans ma peau ou le monde selon Josh, mise en scène de Frédéric Andrau

Extrait

TITE –
Recommence.Moins vite.
TUTITE –
Je fais pas vite pourtant.
TITE –
Je sens rien.
Je sens que les grains de ta langue
Comme les grains sur les fraises
Je sens rien.
Normalement je devrais sentir l’amour.
TUTITE – 
Je refais.
TITE – 
Concentre-toi.
Aussi concentrée que quand tu joues aux pierres tombées.
TUTITE –
Arrête de parler ouvre ta bouche je refais.
TITE – 
Aors ?
TUTITE – 
Attends j’ai un trucUn truc entre les dents.
TITE –
Tu es pas douée.
Pars pas je voulais 
Je voulais pas dire ça comme ça !
TUTITE – 
Mais tu l’as dit comme ça.
Peut-être je suis petite mais je suis vexée.
Moi aussi j’ai des problèmes de bouche
Moi aussi j’ai questions en suspension figure-toi.
TITE –
Des questions de quoi ?
TUTITE – 
Des questions de secret que je te dirai pas 
TITE –
Ok Tutite reviens
Je promets je te laisse.
Tu es une fille c’est pour ça
Je veux dire tu es pas un garçon veux dire, c’est pour ça que je sens rien.
TUTITE –
Je suis pas
Sson surtout.
TITE – 
Oui.
Tu es pas Sson.
Embrasse-moi encore.
TUTITE – 
J’ai plus envie.
TITE – 
Tu veux un bonbon
Un bonbon à faire fondre quel parfum tu préfères?