Une bête ordinaire

Une bête ordinaire


Stéphanie  Marchais nous emmène dans un temps indéfini celui des contes cruels et déroutants. Elle nous perd dans sa forêt intérieure où des monstres prennent possession des petites filles.
C’est par ses mots-corps, la poésie d’une langue charnelle et abrupte, qu’elle trace un chemin hypnotique et nous prépare à l’aventure, à nager en eaux troubles et à rencontrer la bête.
Dans ce monde qui semble fantastique se dévoilent des dommages bien réels. Ceux de l’enfance volée.

Extrait de Presse

Le texte de Stéphanie Marchais nous plonge au coeur de la pensée de ces personnages qui tentent aussi de survivre à l'immense mensonge (...) Et cette pensée, Stéphanie Marchais la met en scène graphiquement pourrait-on dire.
Patrick Gay-Bellile / Le Matricule des Anges.

Spectacles

︎︎︎Une bête ordinaire, mise en scène de  Véronique Bellegarde

Extrait


Qu’est-ce que tu donnes de toi, toi, quand tu me touches.
Toi l’autre.
Toi l’autre qui n’es pas moi.
Qu’est-ce que tu mets sur la table pour rivaliser avec ma générosité.
Qu’est-ce que tu livres de toi, toi, toi qui me ressembles, qu’est-ce que tu mets dans la balance contre ma nudité.
Contre le poids de ma nudité.
Ma naïveté.
Mon enfance.
Le coût de ma naïveté.
La valeur tarifée de mon enfance.
Je t’ai offert mon corps morceau par morceau, chaque jour un nouveau.
Tu connais tout de moi, zone après zone.
Tes dix doigts savent les yeux bandés mon territoire de peau.
Mais toi, toi, qu’est-ce que tu t’arraches.
Quelles armes déposes-tu pour avancer vers moi.
Pour faire commerce de mes 7 ans
7 ans et quelques petites coupures.
Quelles armes déposes-tu pour te saisir de moi.
Moi.
Moi qui ne suis pas toi
Si semblable pourtant.
Qu’est-ce que tu lâches.
Qu’est-ce que tu perds.
Qu’est-ce que je peux te prendre.
Qu’est-ce que je peux ôter à toi, toi, l’autre, pour que tu me voies enfin.
Il semble que tu ne sois sensible qu’à ce qui te manque.
Tout, je peux tout emporter de toi, qui ne consens qu’à bribes.
Faut-il que je dérobe ta vie pour que tu considères la mienne.
Va mourir.